Qu’est-ce que le vélurbanisme ?

Le vélurbanisme

Les cyclistes ont un point de vue unique sur la ville et les parcours qu’ils empruntent.

Le vélurbanisme cherche à faire le lien entre l’expérience des cyclistes et le savoir-faire des ingénieurs et des urbanistes. Cette démarche s’appuie sur deux prémisses :

  1. les enjeux urbanistiques sont de plus en plus complexe ;
  2. les cyclistes ont un point de vue unique sur la ville et les parcours qu’ils empruntent.

Pour créer des villes durables, favorables à la marche et au vélo, on doit donc prendre en compte l’expérience de tous les usagers, y compris celle des cyclistes.

Pour faire bouger les choses cependant, il ne s’agit pas que d’avoir des bonnes idées ! Il faut être en mesure de démontrer l’existence d’un problème, ce qui requière un travail d’observation, de documentation et d’analyse (voir cette boîte à outils). En ce sens, le vélurbanisme se situe à mi-chemin entre l’activisme, l’urbanisme et la politique.

Un(e) vélurbaniste, c’est quelqu’un qui fait part de son expérience pour améliorer les parcours qu’il emprunte. C’est un ou une citoyen(ne) qui suggère des améliorations sous forme de blogue, de tweets, de photos, etc.

Un peu de théorie…

Les théories du processus politique nous aident à saisir le rôle du vélurbanisme dans la revitalisation du tissu urbain.

John W. Kingdon1 conçoit le processus politique comme 3 courants parcourant le système, indépendamment les uns des autres, mais qui, lorsqu’ils se rencontrent, peuvent susciter des changements importants. Ces trois courants sont : le courant des problèmes, le courant des solutions et le courant politique.

The separate streams of problems, policies, and politics come together at certain critical times. Solutions become joined to problems, and both to them are joined to favorable political forces. This coupling is most likely when policy windows – opportunities for pushing pet proposals or conceptions or problems – are open. (Kingdon 1984)

Les fenêtres d’opportunité (policy windows) sont des opportunités furtives, pendant lesquelles les 3 courants se rencontrent et peuvent se coupler pour susciter des changements importants. En d’autres mots, il n’est pas suffisant de connaître les solutions. Il faut jumeler les solutions aux problèmes et créer un contexte politique favorable à leur mise en œuvre.

L’adoption de nouvelles politiques favorables au vélo suit donc trois processus parallèles :

  1. la reconnaissance du problème
  2. l’identification des solutions
  3. leur cheminement au niveau politique

Alors que les ingénieurs et les urbanistes contribuent activement à l’identification des solutions, les cyclistes ont un rôle à jouer dans la reconnaissance des problèmes et leur cheminement au niveau politique.


Référence :

1 Kingdon, John W. (1984). Agendas, alternatives, and public policies. Boston: Little, Brown.